DE L’IDENTITÉ ET DU SENS Sélim Abou

DE L’IDENTITÉ ET DU SENS

 

La mondialisation de l’angoisse identitaire
et sa signification plurielle.

Selon la doctrine dominante du néolibéralisme, la mondialisation engendre une uniformisation planétaire des comportements, pensées et sensibilités constitutifs des diverses cultures. A cette idéologie de la « culture globale » s’oppose la mondialisation des revendications identitaires, aussi bien collectives « individuelles.

Les diverses nations du monde, fascinées par la modernité occidentale, cherchent à y accéder tout en affirmant leurs spécificités. Les individus réinterprètent les concepts de la modernité relatifs à la citoyenneté et à la nationalité, aux défis et aux dérives de la science, aux valeurs controversées de l’humanisme, aux recherches éthiques, à la relation à soi et à l’autre, à l’expérience du mal et de la souffrance.

De l’identité et du sens est un livre qui tient de l’anthropologie politique. Le champ d’application de cette réflexion s’étend aux quatre coins du globe, partout où naissent des conflits identitaires et où la définition de soi en tant que sujet devient complexe, engendrant des déchirures.

 

Sélim Abou, ancien recteur de l’université Saint-Joseph de. Beyrouth, est titulaire de la chaire Louis D. Institut de France d’anthropologie interculturelle, directeur des Presses de l’université Saint-Joseph, et auteur de plusieurs ouvrages, dont Liban déraciné, L’Identité culturelle, Cultures et Droits de l’homme, La République jésuite des Guaranis (1609-1768) et son héritage.

 

Le projet de ce livre est né dans une chambre d’hôpital. Je venais de passer quinze jours aux soins intensifs, suite à une rupture d’anévrisme au cerveau. Une fois en chambre, j’étais barricadé dans mon lit sous la surveillance d’un infirmier. Quel ne fut pas son embarras lorsque je décidai de quitter le lit et de passer au salon. A ma sœur, qui m’avait accompagné jour et nuit depuis le début, je demandai du papier et un stylo. En dépit de ma faiblesse physique, mon esprit était en effervescence. Sans hésitation, ni retouche, je traçai le plan d’un ouvrage auquel je pensais sporadiquement, d’une manière assez vague, depuis un certain temps déjà. Pour titre, j’écrivis un mot : « Le sens ». C’était le 23 avril 2003.

En relisant plus tard ce plan, je constatai que j’y avais organisé, en fonction de leur extension actuelle, des thèmes que j’avais traités au long de mon parcours de chercheur. J’étais parti de l’entrecroisement des cultures déterminé par le bilinguisme arabe-français au Liban [1], à un moment où le bilinguisme était mis en question par une partie de la population, au nom du nationalisme arabe. Or bilinguisme et biculturalisme, aujourd’hui unanimement acceptés dans mon pays, sont [10] devenus un phénomène quasi mondial. J’avais étudié les processus d’intégration et d’acculturation de groupes d’immigrés en Argentine et au Canada [2]. Or de nos jours, sous l’effet de l’émigration massive du Sud vers le Nord et de l’Est à l’Ouest, le phénomène a pris une dimension mondiale suscitant des politiques d’Etat différenciées. J’avais suivi, durant dix ans, l’expérience de deux communautés indiennes guaranies désireuses de s’intégrer à la société nationale argentine et à sa culture sans pour autant perdre leur spécificité [3]. Or au XXIe siècle, les revendications identitaires des peuples « premiers » se sont également muées en une réalité universelle.

 

LIVRES

Sélim ABOU, s.j., DE L’IDENTITÉ ET DU SENS. La mondialisation de l’angoisse identitaire et sa signification plurielle. Beyrouth : Les Éditions Perrin et Les Presses de l’Université Saint-Joseph,2009, 329 pp. Une édition numérique réalisée parPierre Patenaude, bénévole, professeur de français à la retraite et écrivain, Chambord, Lac—St-Jean. [Autorisation accordée par l’auteur de diffuser le texte de cet article dans Les Classiques des science sociales le 27 juillet 2012.] Livre téléchargeable !

 

[1]       Le bilinguisme arabe-français au Liban, Paris, PUF, 1962.

[2]       Liban déraciné. Immigrés dans l’autre Amérique, Paris, Plon, « Terre humaine », 1978, 1987 ; L’Harmattan 1998. Contribution à l’étude de la nouvelle immigration libanaise au Québec, publication B-66 du Centre international de recherche sur le bilinguisme (CIRB), Université Laval, Québec, 1977.

[3]       Retour au Paraná. Chronique de deux villages guaranis, Paris, Hachette, « Pluriel », 1993.

 

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